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Album De Coloriage Disney Vaiana

Après Cendrillon et Le livre de la jungle, Disney s’attaque donc à présent à un chef d’oeuvre animé bien plus récent, La Belle et la Bête, sorti en 1991 et encore bien vif dans les mémoires. Alors qu’un remake en live action de La Petite Sirène reste encore à confirmer, nous sommes donc partis découvrir cette adaptation tout en nous demandant quelle mouche avait bien pu piquer le studio de la souris aux grandes oreilles. En effet, ce n’est pas comme si les jeunes enfants d’aujourd’hui, dont les parents appartiennent en partie à cette génération ayant grandi dans les années 80-90, avaient nécessairement besoin de redécouvrir le dessin originel, puisqu’il est plus que probable qu’on le leur ait déjà montré en vidéo. Restait donc à savoir si le film de Bill Condon serait une adaptation ultra-fidèle, voire plan par plan, façon Psycho de Gus Van Sant, ou bien développerait davantage l’histoire afin de rafraîchir cette romance fantastique, basée sur le conte du même nom de Madame Leprince de Beaumont, publié au XVIIIe siècle.

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Disney Vaiana Coloriage avec stickers (French Edition): Petit
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Coloriez votre nouvelle héroïne Disney préférée : 4 nouveaux
Coloriez votre nouvelle héroïne Disney préférée : 4 nouveaux | Album De Coloriage Disney Vaiana

Au final, il s’agit d’un curieux mélange de ces deux approches, qui forme un film à la fois fidèle au dessin animé, et assez différent par certains aspects. Ainsi, les chansons du dessin animé écrites par Alan Menken, le compositeur derrière les morceaux inoubliables de La Petite Sirène, Aladdin ou Pocahontas, sont reprises de manière ultra fidèle — à une ou deux variations près — et les numéros musicaux reproduisent certains plans tels quels, mouvements de caméra inclus, tout en proposant des extensions et certaines variations dans la mise en scène. Par ailleurs, afin de proposer une plus-value par rapport au film d’animation et justifier que celui-ci dépasse les 2 heures, l’histoire de certains personnages a été étoffée, certaines modifications effectuées dans le déroulement de l’intrigue et… des chansons inédites rajoutées.

Le résultat, plutôt joli à regarder, tend néanmoins à partager : d’un côté, l’adaptation live de certains numéros musicaux centraux tels que la chanson de Lumière après l’arrivée de Belle au château, est étonnamment réussie, avec des propositions intéressantes lorsqu’il s’agit de proposer des variations autour de la réalisation d’origine de Gary Trousdale et Kirk Wise ou bien de rallonger les séquences ; de l’autre, la reproduction jusqu’au-boutiste des costumes et de certains plans fait parfois tiquer et peut passer pour une forme de paresse confortable. Le plus ennuyeux, reste, néanmoins, les divers ajouts narratifs, qui rallongent le long-métrage de 45 minutes : ceux-ci fonctionnent plus ou moins, mais apparaissent au final convenus et assez inutiles.

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Alors que le scénario du dessin animé était épuré et tendu, comme le sont les meilleurs contes, celui de Stephen Chbosky (pourtant derrière l’excellent Monde de Charlie avec Emma Watson) et Evan Spiliotopoulos (Le chasseur et la reine des glaces) cherche à justifier le fait que l’héroïne vive seule avec son vieux père un peu à côté de la plaque, en faisant de la disparition de sa mère un point central, mais qui n’apporte au final pas grand chose. On a même un peu la désagréable impression que ce développement a été scénarisé de manière à se prémunir d’éventuels reproches féministes quant à l’essence de l’histoire, qui a déjà été maintes fois critiquée — de manière assez superficielle, d’ailleurs.

En effet, beaucoup ont vu récemment dans le conte (version Madame Leprince de Beaumont ou Disney) un récit où la vie de l’héroïne tourne beaucoup trop autour des hommes, qu’il s’agisse de son vieux père, sur lequel elle veille, ou bien autour de la Bête, cet orgueilleux prince transformé en effrayante créature à fourrure dont elle est au départ la prisonnière. Belle serait-elle victime du syndrome de Stockholm, s’est-on interrogés ? Cette histoire en serait-il une ode ? Tout cela sans prendre en considération le fait que les contes ont une valeur symbolique et métaphorique qui, dans le cas présent, est bien différente de l’interprétation qu’on a voulu en donner. Métaphore autour de la découverte de la sexualité, le conte est aussi un récit initiatique et une parabole autour de la nature de l’amour : en effet, il ne faut pas oublier que Belle se constitue elle-même prisonnière, sans que personne ne l’y oblige, afin de sauver son père, ce qui a son importance. L’histoire représente ainsi davantage la manière dont deux êtres différents apprennent à “s’apprivoiser” et à s’aimer sincèrement (en acceptant que l’autre lui échappe) qu’une ode au patriarcat où le prédateur-kidnappeur obtiendrait gain de cause par la force de son emprise.

Du coup, voir La Belle et la Bête de Bill Condon rentrer dans ce jeu-là devient rapidement assez gênant, tant certaines séquences tiennent lieu de justifications. Cela donne donc, pour schématiser : “Oui, Belle vit seule avec son Papa, mais lui aussi a souffert et il soutient sa fille”, ou encore, “Oui, la Bête était un vilain prince, mais uniquement parce-qu’il a fermé son coeur à la mort de sa mère et que son Papa était méchant, c’est pour ça que ses domestiques le soutiennent et ne sont pas victimes de traumatisme aigu”. Pourtant, malgré ce que certains ont voulu y voir, on ne se posait jamais ces questions devant le dessin animé, qui fonctionnait parfaitement, aussi bien par la caractérisation de ses personnages que par la mise en avant de son message, qui est qu’en apprenant à s’ouvrir aux autres et donc à aimer, on laisse nécessairement derrière soi son orgueil.

Par ailleurs, la grosse modification dans le déroulement de l’intrigue (que nous tairons), ne fonctionne qu’à moitié et engendre des longueurs supplémentaires : si La Belle et la Bête version live se regarde avec un certain plaisir, 2h09 c’est long, bien trop long pour un film dont l’intrigue a été gonflée de manière artificielle. Et ce ne sont pas les chansons inédites, bien moins mémorables que les originales, qui contribuent à arranger les choses. La chanson supplémentaire de la Bête, façon Broadway, produit d’ailleurs l’effet inverse de celui escompté : l’émotion se trouve amoindrie devant ce numéro démonstratif, là où la pudeur et la tristesse rentrée du personnage fonctionnait bien mieux.

Cependant, au-delà de ces réserves, le film se tient : la direction artistique est cohérente et donne lieu à quelques très belles scènes (l’introduction, le château sous la neige…), tandis que l’animation en motion-capture des domestiques transformés en mobilier fonctionne bien mieux que ce à quoi l’on aurait pu s’attendre : le chandelier Lumière (Ewan McGregor, bien loin de Trainspotting 2) ou l’armoire (Audra McDonald) sont ainsi drôles, expressifs et dynamiques, et aucun raté n’est à déplorer parmi cette galerie de personnages essentiels à l’histoire. Emma Watson, sans trouver là son meilleur rôle, est également convaincante dans le rôle de Belle et en traduit bien la personnalité rêveuse, mais aussi curieuse. On sera sans doute plus mitigés quant à Luke Evans, quoi que cela ne soit pas nécessairement du seul fait de l’acteur : son interprétation de Gaston est fidèle au personnage du dessin animé, mais ce qui fonctionne en animation peut vite paraître grossier et cliché transposé en live. Enfin, Bill Condon se tire assez honorablement de sa délicate mission : déjà familier des comédies musicales grâce à Dreamgirls, il réalise un film classique, mais plaisant à regarder.

Vous l’aurez compris, La Belle et la Bête en live action nous a quelque peu partagés : si les enfants devraient apprécier, et que les nostalgiques des dessins Disney des années 90 retrouveront avec plaisir certaines scènes cultes, cette adaptation est bien trop longue, les divers ajouts n’apportant rien dans le fond. Difficile alors de ne pas penser que la raison d’être de ce remake est avant tout commerciale. On pourra alors regretter ce manque d’audace (à l’inverse de l’excellent Vaiana) ou bien passer outre pour profiter d’un divertissement plaisant dans l’ensemble, aux allures de joli livre d’images.

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